Église Saint-Jacques-le-Majeur — Béhobie
Nichée dans le quartier de Béhobie, au carrefour de la frontière franco-espagnole et de la Bidassoa, l’église Saint-Jacques-le-Majeur occupe un emplacement chargé d’histoire. Ici, depuis le Moyen Âge, les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle traversaient le fleuve pour passer de France en Espagne, ou s’y arrêtaient, épuisés, à leur retour. Ce lieu, c’est leur héritage autant que le nôtre.

Béhobie, carrefour de l’Europe et du Camino
Le nom de Béhobie évoque d’abord pour beaucoup la frontière, le pont international, les va-et-vient entre France et Espagne. Mais avant les voitures et les passeports, c’est à pied que se faisait ce passage, et il était chargé d’une signification profonde.
Dès le Moyen Âge, le Pas de Béhobie était l’un des deux gués principaux pour franchir la Bidassoa. Les pèlerins jacquaires qui suivaient le Chemin de la Côte — celui qui longe l’Atlantique depuis les ports du nord de l’Europe, y traversaient le fleuve à l’aide de bateliers. Un passage attesté dans des archives royales dès le XIVe siècle, et que Louis XIV lui-même confirma comme un droit exclusif des habitants d’Hendaye.
L’église Saint-Jacques-le-Majeur perpétue la mémoire de ces milliers de marcheurs qui ont foulé ces terres en direction de Compostelle. Son patronage, Saint Jacques, apôtre et patron des pèlerins, n’est pas un hasard : il rappelle la vocation historique de ce lieu comme étape, repos et bénédiction sur le chemin.
Une église au service d’un quartier vivant
Béhobie est aujourd’hui un quartier dynamique d’Urrugne, à cheval entre la ville et la frontière, entre la France et l’Espagne, entre deux cultures qui se côtoient au quotidien. Les chrétiens pratiquants des Joncaux et de Béhobie s’y retrouvent chaque semaine pour la messe dominicale, dans une communauté fraternelle et enracinée.
L’église Saint-Jacques-le-Majeur est un point d’ancrage pour ce quartier : un lieu de prière, de rencontre et de vie paroissiale ouvert à tous.
Sur le Chemin de Saint-Jacques
Béhobie figure encore aujourd’hui sur la carte des pèlerinages jacquaires. Le Camino del Norte, la route côtière vers Compostelle, passe par ce territoire et fait de la région un lieu de convergence pour les marcheurs venus de toute l’Europe. L’église Saint-Jacques-le-Majeur est un repère naturel sur ce chemin ancestral, un lieu où l’on peut allumer un cierge, demander une bénédiction, ou simplement souffler avant de reprendre la route.
